2021
Magazine JEF
Magazine JEF JEF - La contagion de la joie de se revoir La contagion. de la joie de se revoir Quand la place de Brouckère a éteint ses |umières et que les pavés de la place Sainte-Catherine ont perdu leurs promeneurs, Bruxelles s'est arrêtée brusquement de brusseler. Traversée par les trams et les vents du Plat Pays, la ville désertée s’est endormie et certains oublièrent son nom. Comme tant d'autres lieux l’ont fait depuis mars 2020, La Fondation, et ce à deux reprises, a fermé ses portes. Nos audio-guides et notre cinéma sont devenus muets et il nous fallut patienter pour voir les frontières se libérer de leurs barbelés. Et puis comme la mer se retire, respectant les mesures sanitaires, nous vous avons accueillis masqués et peu nombreux. Mais aujourd’hui, au seuil de cet été tardif, tout comme les terrasses et les cinémas de Bruxelles, La Fondation ouvre ses portes à ses chansons et à son Ciné Brel, pour que devienne contagieuse. la joie de se revoir France Brel JEF - La contagion de la joie de se revoir La presse belge en parle « Film biographique de 1 h 45, véritable documentaire intimiste composé de partitions diverses entretiens inédits, lettres du maître, des images en Super 8 jamais vues… » « On y découvre un homme complexe, fragile, pétri de remords et de contradictions. Le vrai Jacques Brel. » « Documentaire intimiste, traversé d'éclairs familiaux, mais aussi sociétaux. II décrit un artiste épris de mouvement, mais usé. » JEF - La contagion de la joie de se revoir Ce film restera programmé dans nos locaux durant de nombreuses années, donnant ainsi la possibilité à chacun de venir d'un peu plus loin le voir un jour, quand les mesures sanitaires le permettront. France continue à vous présenter les intentions de la chronique qu'elle écrit et l'illustre par un extrait - Au fil de cette chronique, je souhaite contextualiser la vie de mon père, mentionnant plusieurs événements culturels ou économiques qui ne furent pas sans incidence sur la vie familiale des Brel. Nous sommes désormais en 1929. La famille est rentrée définitivement en Belgique en 1926 pour notamment songer à la scolarité de Pierrot, le fils aîné, né en octobre 1923. À la fin du printemps 1929, à la demande de son beau-frère, mon grand-père se rend à Berlin pour y acquérir une « onduleuse », la machine indispensable pour la fabrication du futur et novateur carton ondulé qui devra devenir la spécialité de l’entreprise. I! sourit à l'avenir dans un climat d'aisance et de belle sérénité. Dans le train qui le ramène vers Bruxelles, bien installé dans le compartiment, heureux de rapporter un jouet en forme de zeppelin pour Pierrot, ouvrant sa gazette, il apprend la parution de Vol de nuit d'un certain Antoine de Saint-Exupéry. L'article lui rappelle son émotion à l'arrivée du premier avion à Léopoldville. Confiants en l'avenir, mes grands-parents traversent régulièrement le boulevard Auguste Reyers pour suivre l'avancement des travaux entrepris pour leur future maison avenue des Cerisiers. L'ami architecte leur annonce un emménagement possible à l'automne 1930. JEF - La contagion de la joie de se revoir Six mois après la naissance de mon père, que tous désormais surnomment tendrement Jacky, un octobre noir envahit les marchés boursiers. Le vent des affaires devient ouragan, emportant les économies et les rêves de nombreuses entreprises et familles. Une panique généralisée s'abat sur la vie économique engendrant une succession de drames, de faillites, de ruines et de désolations. Les années folles réfléchissent à leurs folies. Les danseuses de charleston revendent leurs robes à franges et leurs porte-cigarettes, les musiciens rangent leurs saxos et leurs violons et leur moustache® et Bruxelles pleure sa joie et sa prospérité effondrées. Les premières pertes financières des fameux placements alléchants qui semblaient garantir l’avenir d'un bonheur éternel à Romain et à sa famille, fondent comme neige au soleil. Au fil des jours de novembre et décembre 1929, vivant désormais au rythme des mauvaises nouvelles financières qui ne cessent de tomber, Romain, homme responsable et non sans courage face à l’adversité, prend sans attendre les décisions qui s'imposent. Il se sépare de Courtois, le fidèle chauffeur qui ne pourra plus fièrement circuler au volant de l’automobile pour conduire « Monsieur ». Mon grand-père se voit même dans l’obligation de demander un prêt à son ami Georges Dessart pour, homme de parole, honorer sa promesse d'entrer dans l'association de la nouvelle entreprise proposée récemment par Amand, son beau-frère. Ayant envisagé, il y a peu encore, une vie d’actionnaire largement bénéficiaire et son statut de rentier, Romain s'accroche aux activités de lancement de cette nouvelle cartonnerie implantée à Anderlecht au numéro 18 de la rue Verheyden. Dès janvier 1930, alors que Jacky distribue généreusement ses premiers sourires autour de lui, Lisette, non sans tristesse, se sépare de sa bonne à demeure. Obligée de réorganiser son quotidien autour des restrictions, comme au temps de sa jeunesse, elle retrouve la préoccupation des économies à réaliser. Traversant les turbulences de ces nouvelles circonstances, ma grand-mère regarde grandir son tendre Jacky, refusant obstinément, durant quelques temps, de lui couper ses premières boucles. Elle tente ainsi de reculer la fin de son rêve élever une petite fille. Pendant que Lisette accepte et digère ce nouveau cortège de réalités, au Palais Royal de Bruxelles, les souverains fêtent la naissance, ce 8 septembre, de leur deuxième enfant, le Prince Baudouin. Le 8 avril 1930, Catherine sœur de Lisette, marraine de Jacky, pense à son filleul et, absente de Bruxelles, lui envoie ce télégramme à l’occasion de son premier anniversaire. À suivre. JEF - La contagion de la joie de se revoir Histoire de la Fondation Brel en 12 épisodes Episode 6/12 De septembre 1993 à avril 1994 En avril 1994, Soeur Élisabeth Winchester, l'une des religieuses de l’école Sainte-Anne à Atuona sur l’Île
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