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JEF n°109 Septembre/Octobre 2005

2005

Présentation

Magazine JEF n°109

Contenu

Magazine JEF n°109 Jef un film de JACQUES BREL avec JACQUES BREL + DANIELE EVENOU GABRIEL JABBOUR « VERONIQUE MUCRET L'HISTOIRE Quadragénaire, Jack joue au cow-boy dans les villes belges. Là, il rencontre Lina et Gabriel. Les trois compagnons partent à la recherche de leur Eden, un endroit où tout est beau le Far West. Un jour, un magicien lègue un pouvoir à Jack, celui de pouvoir faire tomber les murs. En chemin pour le Far West, Jack rencontre d'autres amis. Arrivés devant une usine désaffectée, ils recon- naissent le paysage de leurs rêves. Les compagnons y fondent une ville, com- battent les Indiens (les bourgeois) qui veulent les déloger, mais le rêve s'écroule quand Gabriel trouve de l'or. Le Far West est déserté, le trésor convoité. Jack compte ramener l'or au chef d'Etat, mais en route pour le rendre, il se fait assassiner par les forces sociales, au beau milieu de son rêve. INTERVIEWS 1 Devant 1972 INTERVIEW DE JACQUES BREL PAR SÉLIM SASSON SUR LE TOURNAGE DE FAR WEST ? tv Jacques Brel: Une chanson vit toute seule. Vous faites une chanson et per- sonne ne s'intéresse, personne n'at- tend en fait, un film, ça se voit à te table. Un livre s'achète à table, au dîner. Les gens se rencontrent et puis on dit “Tiens, j'ai lu un livre remar- de re quable”. Je pense que c’est très im- portant. Ils disent “J'ai lu un livre remarquable” et puis, si on entend ça Alors qu’une chanson, on l'entend. fait, il est certain que le “qu’en dira- deux fois de suite le même mois, on Donc, je crois que le poids du juge- ton” du public, est plus important et finit par acheter le livre, si ce sont ment des autres a beaucoup d'impor- la critique aussi quand même, est plus des gens qu’on aime ou en qui on a tance dans la diffusion d’une chan- importante que vis-à-vis d'une chan- confiance. Et je crois qu’un film, son. Elle passe tout de même cette son. c'est à peu près le même processus. chanson. Il suffit qu’un programma- teur l'aime et elle passe. Les Selim Sasson. Alors, pour parler AS \, È Le. gens l'entendent et ilsne — franchement, est-ce qu'il n'y avait TS) 1e vont pas acheter un disque pas plus unanimité sur les chansons aa) rl à ia 4 parce qu’on leur a dit qu’il de Brel que sur le film de Brel ? ap + ay - 15 0 pm & était bien mais parce qu’ils Lai Ç 44 pe a IS a E A l'ont entendu. Alors qu’un JB: Oh, vous savez, non. J'ai été assez N C2 da: 6 vs Er "+ film ou un livre, c'est tout surpris. J'ai été assez surpris parce 7 MR à fair différent. Donc de ce u'en France, j'ai été très étonné. La 708 critique était bonne, même très bon- ne, J'étais très, très étonné. Et en Bel gique, elle n'a pas été bonne. Enfin, dB 4 1 80 elle a été ou réservée ou pas bonne. Et cet AR, F ça n'a rien changé au public. En gros, Le a. le public n'a pas aimé ça. taie” Je crois que vos personnages, le personnage principal en tout cas, Je crois que jusqu à quärante ans, on vit sur la lancée quarante ans, dans “Le Far West”. de l'enfance. Il Y a, je pense, chez les hommes, Qu'est-ce que c'est qu’un homme de une sorte de retour d'âge. Non pas qu'il se sente vieillir, 40 ans? mais il sent que ce n’est plus l'enfance. jef (le Far vrestT 5-0 2005) Mettons que je m'accroche d'une façon anormalement violente à mes rêves. Je n'aime pas beaucoup rêver et m'arrêter au bord du rêve. J'aime bien aller voir dedans. Pouchenel JB Je crois que c'est le moment où l'enfance fout le camp. Je crois que jusqu'à quarante ans, on vit sur la , Dès lancée de l'enfance. Il y à, je pense, chez les hommes, une sorte de retour d'âge. Non pas qu'il se sente vieillir, cite mais il sent que ce n'est plus l’enfan- Avec Gabriel Jabbour ce. Il sait que s'il ne part pas à ce mo- mentlà, il ne partira plus jamais. S’il ne bascule pas sa vie à ce moment-dà, problème physique. Mais l'envie d'al- vélo, très souvent, parce qu'ils ne sa- il sait que c'est cuit. Il sent que c'est ler voir commence à disparaître, je vent pas monter. ils ont quitté des cuit. pense. choses. SS. C’est sa dernière chance de re- faux cow-boys, là, ne sont SS. Mais vous, vous jouez à être commencer ? pas des héros ? aviateur, vous avez un vrai avion. JB Oui, c'est l'âge du dernier grand JB:Dutout. JB Oui. virage. Les virages d'après, c’est très souvent l'arrêt ou c'est la pension ou SS. Ce sont des braves types. SS. Vous jouez à faire du cinéma, des choses comme ça. Alors qu'à 40 vous avez une vraie équipe, avec une ans, on a encore la force, sauf s’il est JB Ce sont des braves gens. On ne vraie caméra, etc…. malade. Et il a encore le rêve de l'en- sait pas d'où ils viennent d'ailleurs. fance. JB Oui, mais ce n’est pas sérieux i SS. Un peu “pauvres types” peut- non plus : SS. Vous avez quel âge ? être ? SS. Vous êtes quand même un type JB 43 ans. JB Pauvres types comme tout le privilégié, non ? monde. Comme ceux qui ont réussi SS. Vous êtes mince, vous n'avez pas et qui ont, par moments, envie de JB Pas privilégié. Mettons que je de cheveux gris. faire autre chose que d'assumer un m'’accroche d’une façon anormale- peu stupidement leur réussite, parce ment violente à mes rêves. Je n'aime JB: Non, qu'enfin, c'est la même chose. pas beaucoup rêver et m’arrêter au bord du rêve. J'aime bien aller voir Vous ne devez pas fort sentir SS. Eux jouent à être cow-boy ? dedans, Et ça demande qu’on se dé- que ça vient, non ? carcasse beaucoup quand même par- JB Oui. Ils jouent à être cow-boy ce que ça n'arrive pas comme ça. Et JB Non, mais on sait que ça vient, mais ils ne sont pas cow-boy du tout, les cow-boys en fait, ils ne savent pas ‘ D'ailleurs, ce n’est pas tellement un ils n'ont pas de chevaux. Ms sontäà monter du tout à cheval, mais rien far west_7S-0 2005) Jef ne dit qu'ils ne sauront pas monter, 85. Le cinéma aussi ? re ça à la prudence, se met en posi- C'est le début. I] ÿ a 10 ans, quand je tion de déséquilibre. Je crois qu’il y a tournais autour d’un avion, je ne sa- JB Oui, il y a plein de choses quime encore 20 ans, j'aurais un peu ricané vais rien en faire, j'étais exactement plaisent bea

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