2021
Magazine JEF
Magazine JEF JEF - L'enfant qui s’émerveille L'enfant qui s’émerveille * Les routes de France et de Navarre s’ébrouant depuis le printemps dernier des restrictions de déplacements, je décide d'accepter avec enthousiasme les différentes invitations reçues et de venir à votre rencontre, vers vous, les inlassables admirateurs de Jacques. De plaines en vallées, de centres culturels en librairies, dès le mois de septembre, les itinéraires se dessinent tant en Belgique que sur l'Hexagone. Je vous retrouve, comme avant Pas vraiment. Tous nous avons traversé cette zone de turbulence dans laquelle se méêlèrent, tant d’émotions dans un tourbillon bouillonnant, faisant naître nombre d'interrogations sur lesquelles l'incertitude régna en maître, sur un grand flou qui n'avait rien d'artistique mais qui dessina un avant et un après. Ces dernières semaines, lors d’une conférence ou d’une séance de dédicaces, j'étais heureuse de vous voir nombreux à souhaiter un moment de partage. Mais quel étrange trouble ressenti face à vos visages barricadés, semblables à une image déchirée, une fleur fanée, un mot coupé, un cœur blessé, ne pouvant découvrir que la lumière de vos regards. Se faufilant entre les grandes personnes, seuls les enfants gambadaient joyeusement, à sourire découvert. Ainsi ce garçon d'une dizaine d'années, rencontré fugacement à Charleroi, comme sorti du carnet de dessins d'Antoine de Saint-Exupéry. Merveilleux de JEF - L'enfant qui s’émerveille spontanéité, attendrissant d’étonnement et tout surpris de me rencontrer inopinément lors d’une séance de dédicace à la libraire Molière. Tel Le Petit Prince fasciné devant sa rose, l'enfant s'arrête net face à moi, apparemment troublé de rencontrer la fille du chanteur qu’il admire. Sans me quitter des yeux il me parle de mon pêre, de ses chansons préférées avant de me demander avec une infinie gentillesse la permission de le prendre en photo à mes côtés. Enfreignant consciemment les consignes de distanciations réglementaires, désobéissante, je pratique celles de l’affection indispensable. Proches alors l’un de l’autre je sens la chamade des battements de son cœur en fête. Dans l'instant de cette expérience inattendue, il m’apparait comme le symbole à la fois de tous les enfants pour lesquels j'ai rédigé cette nouvelle petite biographie de mon père qui vient de paraître, mais aussi celui de la porte ouverte à la continuité de la transmission. Et mon cœur non masqué sourit à l'arrivée de cette nouvelle génération. France Brel Illustration de Coraline Rivière du livre écrit par France Brel Dans la collection Mes docs de Belgique aux éditions Auzou Belgique Rencontres avec France Présentation des films = 11 . « Brel parle » et « Les Adieux à L'Olympia » * Outreau Présentation par France Brel et projection du film « Brel parle » JEF - L'enfant qui s’émerveille Mardi 9 novembre de 19h30 à 21h Centre Jacques Brel (77 Bis, Boulevard de la Liberté, 62230 Outreau) Anderlecht Présentation par France Brel et projection du film « Les Adieux à L'Olympia » Mercredi 24 novembre à 15h30 La Maison des Voyageurs (Avenue Scheut 145 1070 Anderlecht) Jacques Brel Chronique d’une vi par France Brel RÉCIT France continue à vous présenter les intentions de la chronique qu'elle écrit et l'illustre par un extrait La rédaction de cette Chronique me donne l’occasion de transmettre certaines JEF - L'enfant qui s’émerveille expériences de mon père, grâce aux souvenirs de témoins directs. Au printemps 1944, Jacques et son ami, le jeune Robert Stallenberg, demandent à leur professeur, l'abbé Dechamps, l'autorisation de créer une Dramatique au sein de l’Institut. Ce dernier accepte le projet précisant qu’il verrait le jour à la prochaine rentrée. À l'automne 1944, tenant parole, le professeur propose aux amis une première pièce à travailler. la première pièce que j'ai choisie, Tête folle d’Anthony Mars, Jacques interprète le rôle du commandant crochard‘Ÿ Le personnage du capitaine Crochard, comme les autres rôles de la pièce, obligent les jeunes gens à chanter des refrains entraînants, repris par les comédiens tout au long de la pièce. Belle ironie du sort pour l'élève renvoyé du cours de chant Le personnage que mon père incarne lui permet d'être tonitruant, exubérant, et il ne s'en prive pas, camouflant ainsi sa grande timidité pour affronter le public présent. L'abbé Dechamps qui connaît de nombreux vicaires dans Bruxelles, les informe de la création de sa nouvelle troupe. La pièce se donne dans différentes paroisses mais l'abbé de Coster qui s'occupait du théâtre à Saint-Louis répétait sans cesse Ton Brel il exagère. Il en remet!” 1 Sur scène, après avoir dépassé sa timidité naturelle, mon père donne le meilleur de lui- même. Ces exubérances ne sont plus sanctionnées comme le sont régulièrement ses farces et pitreries en classe. Sensible à l'impact provoqué par ses répliques et interprétations, il ne manque jamais l'occasion d'en rajouter un peu quand il se retrouve face à un public réactif, comme s'il cherchait à devenir, à travers ses impertinences et son caractère frondeur, un nouveau Thyl Uylenspiegel. fallait toujours le tempérer. I! n’avait pas de mesure. Nous avons affaire à un grand timide et au moment où le rideau s'ouvrait, il était saisi, la voix ne sortait pas très bien mais dès que le public réagissait, il était parti. La grande difficulté était de le calmer. Je me souviens d'une scène quand le rideau tombait. Un des acteurs disait à Jacques « tu m'as volé ma réplique » avait tendance à un peu trop s'imposer Le jeune Robert apprend vite, et à ses dépens, que Jacky peut aussi, en coulisses, devenir imaginatif, laissant libre cours à son esprit facétieux. cause de tous ces gags nous étions très mal vus dans une paroisse où nous allions jouer. Un jour, alors que nous étions sur scène, Jacques avait trouvé une cloche en coulisse et brusquement il a agité sa cloche en criant Pétrole Pétrole“: Les marchands ambulants étaient nombreux dans les rues du vieux Bruxelles. Ceu
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